Le monde d'Olandria

Un monde existe sous nos pieds

Sous les racines des vieux arbres, sous les pierres couvertes de mousse et les terres que l’on croit connaître, s’étend un endroit que les humains n’ont jamais découvert.

Il s’appelle Olandria.

C'est un monde de forêts anciennes, de rivières et de mers souterraines, de fleurs médicinales et de créatures dont les légendes sont parvenues jusqu’à nous, déformées par les siècles.

Olandria n’est pas un monde parallèle. Il n’est pas caché derrière un voile, ni perdu quelque part au-delà des étoiles : il est sous l’Irlande.

Et depuis sa création, aucun humain n’en avait encore jamais connu l’existence.

Avant Olandria

Il fut un temps où les terres d’Irlande étaient partagées par deux peuples. 

Les humains et les êtres magiques vivaient côte à côte, chacun apportant à l’autre ce qu’il ne pouvait trouver seul. Ils échangeaient leurs connaissances, leurs histoires et leurs savoir-faire. Les humains apprenaient à écouter la terre, les créatures magiques leur transmettaient une part de leur savoir, et chacun savait que son existence dépendait aussi de celle de l’autre.

Les saisons étaient célébrées, les arbres respectés, les eaux préservées. On savait encore prendre le temps de regarder pousser une plante, d’écouter le vent dans les branches ou de remercier la terre pour ce qu’elle offrait. Pendant longtemps, cet équilibre demeura.

Puis certains humains commencèrent à vouloir davantage : ils cherchèrent à posséder la magie plutôt qu’à la comprendre, à utiliser les créatures plutôt qu’à vivre avec elles. Ce qui avait été un échange devint peu à peu une convoitise, puis une menace.

Le peuple magique comprit alors qu’il ne pourrait plus rester parmi les humains sans mettre son existence en danger.

La naissance d'Olandria 

Les créatures ne partirent pas chacune de leur côté, mais décidèrent de mettre leur essence en commun.

De cette magie partagée naquit Olandria : un monde créé sous les terres d’Irlande, suffisamment vaste pour accueillir leurs peuples, leurs plantes, leurs animaux et tout ce qu’ils souhaitaient préserver.

Ils purent alors disparaitre, sans adieu ni témoin. Sans laisser aux humains la moindre explication de ce qui était arrivé. Et lorsque ces derniers cherchèrent leurs anciens compagnons, ils ne trouvèrent plus personne.

Au fil des générations, les récits changèrent, les souvenirs se transformèrent, s’effacèrent et se mélangèrent. Les êtres magiques devinrent des personnages de légendes, puis des histoires que l’on racontait sans savoir si elles avaient réellement existé. Et tout le monde a cessé d'y croire... Ou presque.

Les humains finirent par oublier le peuple magique. Mais Olandria, personne ne pouvait l’oublier, car personne ne savait qu’elle existait.

Le passage 

Olandria demeure pourtant reliée au monde d’en haut par un seul passage. Un endroit ancien, gardé depuis des siècles par celle qui veille sur la frontière entre les deux mondes : la Gardienne.

Elle est de notre côté la seule à en connaître le secret et la seule à pouvoir décider qui peut le franchir.

Pendant des siècles, personne ne l’a traversé. Puis un jour, la Gardienne m'a ouvert le passage, et je suis entrée à Olandria.

Deux mondes, une même terre

Même enfouie sous l’Irlande, Olandria n’a jamais cessé de vivre en lien avec le monde humain. Car les deux mondes partagent la même terre, les mêmes eaux et les mêmes cycles.

Les racines qui s’enfoncent dans le sol plongent parfois jusque dans les profondeurs d’Olandria. Les eaux qui disparaissent sous les pierres poursuivent leur chemin dans ses rivières. Les saisons qui changent au-dessus des terres influencent aussi la vie sous leurs racines.

Pendant des siècles, cet équilibre demeura fragile mais intact. Puis le monde humain changea : les hommes se mirent à vivre toujours plus vite, à prendre davantage qu’ils ne rendaient, à épuiser les terres et à s’éloigner peu à peu du vivant.

Et Olandria commença à en subir les conséquences. Les forêts s’affaiblirent, certaines sources se tarirent, la magie devint moins abondante... Car les deux mondes sont liés, et ce qui blesse l’un finit toujours par atteindre l’autre.

Le temps du réveil

Le peuple magique d’Olandria comprend désormais qu’il ne peut plus rester silencieux. Ils pourraient continuer à vivre cachés sous les racines, comme ils l’ont fait pendant des siècles. Mais ils savent aussi que leur monde ne survivra pas indéfiniment si celui d’en haut continue de s’éloigner du vivant.

Alors une décision est prise : il faut réensemencer la magie. Pas en révélant Olandria aux humains, ni en leur demandant de croire aux anciennes légendes.

Mais en leur rappelant quelque chose de beaucoup plus simple : ralentir, ressentir, prendre soin, respecter ce qui vit et retrouver le goût des choses qui ne demandent rien en retour. Il est temps de replanter ces graines dans notre quotidien. 

Peut-être qu’en réapprenant à vivre plus simplement, les humains permettront aux deux mondes de continuer à exister. Et qui sait, peut-être qu’ils recommenceront alors à percevoir ce qu’ils ne savaient même pas avoir perdu.

La messagère

Mais comment transmettre un message à un peuple qui ignore jusqu’à votre existence ?

Les habitants d’Olandria avaient besoin de quelqu’un qui puisse parler aux humains sans leur imposer leur monde, quelqu’un qui puisse transmettre ce qu’elle découvrirait sans chercher à le posséder.

Alors la Gardienne m’a choisie. Je ne savais pas encore ce qui m’attendait de l’autre côté du passage. Je ne savais pas non plus pourquoi elle m’avait désignée, ni ce qu’elle attendait réellement de moi. Elle m’a simplement demandé de découvrir Olandria, de rencontrer ceux qui y vivent et de comprendre ce qu’ils avaient à transmettre.

Mais avant de me confier leur message, la Gardienne devait savoir si j’étais capable de le porter. Car l’enjeu n’est pas seulement de raconter aux humains qu’un monde existe sous leurs pieds. Il s’agit de savoir s’ils sont encore capables d’écouter ce qu’Olandria a à leur dire.

Alors je suis entrée.

Et depuis, je suis devenue la Messagère.

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